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ENTRAÎNEMENT
5 min2026-02-17

FatMax: oxydation des graisses sur longue distance

Maxime Bataille
Maxime BatailleCoach Trail Running
FatMax: oxydation des graisses sur longue distance

Ne fais pas cette erreur : FatMax ne veut pas dire endurance fondamentale

Je vais te parler de FatMax. C'est un concept super important pour les épreuves longues durée.

FatMax est l'intensité à laquelle tu oxydes la quantité maximale de graisses.

Souvent, on voit un graphique qui laisse à penser que la quantité de graisses oxydées diminue avec l'augmentation de l'exercice.

En ratio, c'est vrai. L'oxydation des glucides tient une place croissante lorsque la fraction de VO2Max utilisée augmente.

Graphique crossover concept glucides vs lipides - oxydation graisses trail running

La réalité de l'oxydation des graisses

Entre 50% et 70% de VO2Max, la quantité de graisses oxydées reste équivalente (orange et jaune). Mais la part des graisses dans la production d'énergie diminue au profit du glucose et du glycogène.

Graphique sources d'énergie selon intensité effort - entraînement trail running

C'est une distinction importante : la quantité absolue de graisses oxydées reste élevée, même si leur contribution relative diminue.

FatMax est super important pour la performance

FatMax intervient dans deux dimensions de la performance longue durée.

Première dimension : Production d'énergie

De manière basique : Plus de graisses oxydées → Plus d'ATP produit → Plus de puissance développée.

Sauf qu'on a observé que FatMax est corrélé à VO2Max. Ce qui semble a priori logique. Si tu es en mesure d'acheminer plus d'oxygène jusqu'à la mitochondrie, alors tu oxyderas plus de graisses.

Graphique corrélation FatMax et VO2Max - performance entraînement trail

Ce qui n'exclut pas d'améliorer FatMax étant donnée ta VO2Max actuelle.

Seconde dimension : Épargne du glycogène

En améliorant FatMax, tu vas développer autant de puissance (ou de vitesse à pied) mais en sollicitant un peu moins la glycolyse aérobie.

Deux conséquences majeures :

  1. Tu vas épargner tes stocks de glycogène un peu plus longtemps
  2. Tu peux diminuer ton apport en glucides exogènes (boisson de l'effort, gels, barres, ...)

Et par la même, tu mets un peu moins en péril ton système digestif.

Trois solutions pour améliorer ton FatMax

On sait déjà que FatMax intervient à des fractions de VO2Max et de FCMax différentes selon les individus.

J. Achten et A. E. Jeukendrup rapportent que la zone FatMax intervient entre :

  • 50% (± 9%) et 70% (± 10%) de VO2Max

  • 66% (± 14%) et 80% (± 8%) de FCMax

Autrement dit, c'est très variable.

Même pour toi, FatMax peut être différent d'une journée à l'autre. L'alimentation et les apports en glucides modifient sa valeur.

Solution 1 : Entraînement dans la zone FatMax

La première solution pour améliorer FatMax est de s'entraîner dans la zone FatMax (±10 % de FatMax) afin de stimuler la biogenèse mitochondriale (développement de nouvelles mitochondries).

Donc en zone 2, ou autour de ton endurance fondamentale. Un nombre plus élevé de mitochondries te permet d'oxyder plus de graisses.

Solution 2 : Entraînement à haute intensité

La seconde solution est l'entraînement à haute intensité, qui stimule la biogenèse mitochondriale mais aussi la fonction mitochondriale.

La fonction mitochondriale correspond aux mécanismes à l'œuvre dans la mitochondrie, et notamment l'oxydation des graisses.

Solution 3 : Recyclage du lactate

La troisième solution se situe dans le recyclage du lactate. Il est le produit de la glycolyse en absence d'oxygène.

San Millan et Brooks ont montré une très nette corrélation négative entre le niveau d'oxydation des graisses et la lactatémie :

  • r = -0.98 pour les individus entraînés

  • r = -0.97 pour des cyclistes du World Tour

Graphique lactatémie et oxydation lipides - entraînement trail running

Pourquoi cette corrélation ?

Ce résultat est a priori logique. Face à l'augmentation de l'intensité, la glycolyse anaérobie se superpose à la filière aérobie. La production de lactate augmente.

Cependant, l'augmentation de la lactatémie inhibe aussi progressivement l'oxydation des graisses. La capacité à recycler le lactate devient clé.

Le lactate shuttle

Produit majoritairement dans les fibres musculaires rapides (type 2), le lactate est acheminé dans les fibres musculaires lentes (type 1) pour être converti en pyruvate, afin de reproduire de l'ATP (donc de l'énergie !). C'est le lactate shuttle.

Comment entraîner le recyclage du lactate ?

Le but de l'entrainement va donc être de développer :

  1. Le nombre de transporteurs acheminant le lactate des fibres rapides aux fibres lentes (transporteurs MCT-4 & MCT-1)
  2. Le nombre d'enzymes mLDH pour la conversion du lactate en pyruvate

Ton objectif : Être au-dessus de ton second seuil pour accumuler du lactate. Puis tu diminues ton intensité afin d'être en dessous du second seuil et ainsi stimuler son recyclage.

Conclusion

Toutes ces stratégies vont te permettre d'optimiser FatMax. Reste à choisir tes meilleures armes selon :

  • Le temps à ta disposition

  • L'épreuve que tu prépares

  • La distribution de ta charge d'entrainement durant la semaine

L'amélioration de ton FatMax est un travail de fond qui portera ses fruits sur les longues distances, particulièrement en ultra-trail.


Références scientifiques : Pour approfondir le sujet, recherchez les PMID suivants dans votre moteur de recherche : PMID 28623613, 29050040, 11782653, 14598198

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